L’art équestre s’invite au Domaine de Rocheville ! Du 17 octobre au 26 novembre 2026, à Parnay, à quelques kilomètres de Saumur, deux artistes réunies par la même passion du cheval exposent leurs œuvres dans le cadre du festival Off Cheval : la photographe et dessinatrice Nathalie Todd et l’artiste peintre et dessinatrice Simonne L’Hermitte.
On y retrouve d’abord le lien si particulier qui unit cavaliers et montures, puis l’hommage que l’art leur rend. Plus de 40 œuvres, entre photographies, dessins au graphite, pastels, fusains et peintures, investissent la salle de dégustation du domaine, au cœur du vignoble de Saumur Champigny.
Nathalie Todd et Simonne L’Hermitte : deux artistes, un univers
Simonne L’Hermitte, originaire de Deauville, semble avoir eu mille vies liées à son irrépressible besoin de créer et de transmettre : artiste peintre, ancienne professeure d’arts plastiques, créatrice de mode, de décors, de films, auteure d’ouvrages pédagogiques…
Elle-même cavalière, elle met aujourd’hui son savoir-faire au service d’un profond respect pour le monde équestre. Sa quête : retranscrire la majesté du cheval et ce qui ne se voit pas toujours, sa légèreté, son impulsion et son engagement.
Nathalie Todd est photographe d’art, artiste-peintre et dessinatrice autodidacte. Née aux Pays-Bas, elle a longtemps vécu en Angleterre avant de s’installer en Normandie, où elle partage son quotidien avec ses propres chevaux. Elle s’est d’abord exprimée par la photographie. C’est en créant des bijoux qu’elle a découvert son talent pour le dessin. Aujourd’hui, elle photographie les chevaux d’une part et les dessine au crayon graphite d’autre part, cherchant à saisir la personnalité unique de chacun.

Nathalie Todd : l’art du graphite et du regard photographique
Pour Nathalie, le cheval a toujours été la première passion. Petite fille, elle a supplié ses parents de l’inscrire à des cours d’équitation et n’a jamais arrêté depuis. Elle a eu son premier cheval à 18 ans et en possède sans interruption depuis quarante ans.
Elle redonne au cheval sa juste place au cœur de notre histoire, celle d’un partenaire indispensable :
« Ils ont porté le poids de l’histoire humaine, labouré nos champs, découvert nos continents et sont tombés à nos côtés. »
La photographie : révéler la noblesse du cheval
Au début, Nathalie Todd aimait avant tout photographier les chevaux en mouvement, galopant en liberté. Avec le temps, elle a pris conscience de leur profonde sensibilité et de leur beauté, intérieure comme extérieure, et c’est ce qu’elle cherche désormais à saisir. Ses portraits, sur fond sombre, très contrastés, ont un style bien à elle, plus dramatique que celui de Yann Arthus-Bertrand, le photographe français qui l’a profondément inspirée avec ses chevaux photographiés en studio.
Sa conviction : tous les chevaux devraient être photographiés comme on photographie les humains, avec respect, pour montrer leur véritable nature. Un portrait de cheval mérite sa place dans un foyer, même s’il n’y avait jamais eu d’art équestre aux murs.

Le graphite : le mouvement dans la sérénité
Chaque dessin de Nathalie naît d’une photographie qu’elle a prise elle-même. Chevaux au galop ou portraits, le graphite, médium de douceur et de calme, lui permet de montrer que le mouvement peut aussi s’exprimer dans la sérénité.
Parmi les œuvres exposées, Woody a une place à part : c’est son propre cheval, et le dessin reflète, selon elle, son caractère et sa nature merveilleuse.

Parmi ses souvenirs de photographe, elle garde celui d’avoir couvert pour le magazine britannique Horse & Hound une réunion privée de la reine Elizabeth : « très aimable et bienveillante », alors que la photographe était très nerveuse ! Si elle pouvait choisir un lieu de rêve pour photographier un cheval, ce serait Notre-Dame. Et son prochain défi ? Se lancer un jour dans la peinture à l’huile.
Simonne L’Hermitte : une palette aux multiples techniques
Sur les terrains de polo, les hippodromes ou en carrière de dressage, Simonne croque les chevaux en plein mouvement, avant de leur redonner vie dans son atelier. Le critique Jérôme Garcin le disait déjà dans Le Nouvel Observateur en 2012 : elle ne dessine pas les chevaux pour les immortaliser, elle les croque vivants.


D’une grande polyvalence, elle explore une multitude de techniques :
- le pastel, pour les couleurs et les nuances ;
- le fusain, pour jouer avec les ombres, les contrastes et le mouvement ;
- le goudron sur papier kraft, sa signature, pour des effets de matière ;
- les feuilles d’or et la sculpture (fil de fer, plâtre, cire, bronze).
Son parcours est tout aussi varié : après avoir enseigné les arts plastiques, elle a notamment créé des robes pour le couturier Louis Féraud. Sa passion de l’art a précédé celle du cheval, et son mot d’ordre tient en un mot : la justesse.
Quelques anecdotes de son parcours : l’arrivée d’un cheval monumental en acier au salon des ambassadeurs de l’hôtel du Normandy, à Deauville, hissé par un élévateur avant de passer par la fenêtre ; ou ce visiteur qui a fondu en larmes devant l’une de ses œuvres au goudron, aux Jeux équestres mondiaux de 2014. Parmi ses œuvres les plus chères, l’un de ses premiers goudrons, qui représente Bartabas, exposé à la galerie Rolin à Rouen.
Pour Rocheville, elle a créé une série spéciale, joyeuse et attractive. Son souhait : que les visiteurs repartent avec du bonheur et du plaisir. Son prochain rêve ? Une belle exposition consacrée à ses modèles vivants.


Deux regards, une même noblesse
À première vue, tout oppose les deux artistes. Chez Nathalie, des portraits sur fonds sombres, des effets de clair obscur, des nuances de gris subtiles. Chez Simonne, des bleus électriques, des fonds ocre, des traits vifs, le goudron et la matière. Pourtant, leurs univers se répondent : même respect du cheval, même quête de noblesse, d’élégance et de justesse, même volonté de montrer chaque cheval comme un être unique.
Le cheval comme fil conducteur
Saumur est la terre du cheval, considérée comme la capitale française de l’équitation et des arts équestres. Au Cadre noir, les écuyers font vivre l’Équitation de tradition française, inscrite par l’UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Depuis plus de trente ans, le festival Art Cheval célèbre cette relation unique, et son petit frère, le festival Off Cheval, transforme chaque automne les lieux publics et privés des environs en galeries ouvertes.
Le Domaine de Rocheville participe à Off Cheval depuis 2022. Cette année marque donc notre cinquième participation, après Laure Saigne en 2022, Renaud Hadef en 2023, Kévin Bardin en 2024, Sonia Meschine et Cyrille Mercier en 2025. Une belle façon de mettre en lumière le regard d’artistes sur le monde équestre.

Visiter l’exposition Off Cheval : plus de 40 œuvres au cœur du vignoble
Les œuvres de Nathalie Todd et Simonne L’Hermitte prennent place sur les murs de notre salle de dégustation. Une belle occasion de marier l’art et le vin.
Votre découverte pourra se prolonger par une immersion dans notre univers viticole. Depuis la salle de dégustation et ses grandes baies vitrées, vous pourrez observer nos espaces de vinification, puis pourquoi pas partir à la découverte de notre chai contemporain et de nos caves troglodytiques lors d’une visite guidée (sur réservation).
Et pour clore cette belle parenthèse, laissez-vous tenter par une dégustation de nos vins bio, ou profitez d’un verre sur notre terrasse, avec vue sur le coteau de Parnay.
Et si un coup de cœur vous attrape, bonne nouvelle : les œuvres sont à vendre.
Informations pratiques sur l’exposition Off Cheval
- Dates : du 17 octobre au 26 novembre 2026
- Lieu : Domaine de Rocheville, Chemin de Béniquet, 49730 Parnay (à 7 km de Saumur)
- Entrée libre, du lundi au samedi, de 10h à 18h
- Plus de 40 œuvres à la vente
- Dégustation : possibilité de déguster et d’acheter les cuvées du domaine
Accès : parking gratuit sur place, accessible aux personnes à mobilité réduite